Lizzie Crowdagger

03/02/2020

Partagez l'article couverture du livre La sorcellerie est un sport de combat

Lizzie Crowdagger publie, sur son blog, sous licence libre, de nombreux textes de fantasy et de science-fiction mettant en scène des héroïnes lesbiennes. Elle y partage également des conseils et des astuces d’écriture avec beaucoup d’humour. À l’occasion de la sortie prochaine de son roman La sorcellerie est un sport de combat, elle revient sur son parcours littéraire pour plumes-au-vent.fr.

Comment est né votre goût pour l’écriture ?

Je pense que la tendance à imaginer des histoires, c’est quelque chose qu’à peu près tout le monde a dans son enfance, mais qu’on perd parfois parce qu’il faut passer à des choses sérieuses. Malgré quelques injonctions, c’est quelque chose dont je n’ai jamais réussi à me passer. L’écriture, quelque part, c’est surtout un moyen de l’extérioriser et, d’une certaine façon, de rendre ça vaguement plus acceptable que de juste passer sa vie à rêvasser sans que ça se concrétise.

Quelles sont vos influences ?

Je pense que Terry Pratchett, Douglas Adams et Fred Vargas ont sans doute eu le plus d’influence sur ma façon d’écrire, à la fois parce que leur style me parle et parce que je les ai beaucoup lus à l’époque où je commençais. Au niveau de l’univers, je ne peux pas non plus ne pas citer Anne Rice qui a sans doute joué un rôle sur mon gout pour les vampires. En dehors de la littérature, il y aurait sans doute aussi des séries comme Buffy contre les vampires, Doctor Who ou Kaamelott. Et beaucoup d’autres, évidemment.

Pouvez-vous nous parler de votre roman, La sorcellerie est un sport de combat, qui sort en mars prochain ?

C’est un roman de fantasy urbaine, situé dans notre monde mais où la magie, les vampires, les loups-garous, etc. existent. Ça reprend un peu les codes de pas mal d’œuvres où des personnages « normaux » se retrouvent confrontés au surnaturel et doivent apprendre à faire face à de nouvelles menaces (en l’occurrence, un puissant sorcier nazi aux plans alambiqués). Sauf que là, les protagonistes, c’est une bande de lesbiennes à tendance punk/skin : sans être « paranormales », elles ne font pas non plus vraiment partie de la « normalité », et ont sans doute déjà elles-mêmes été qualifiées de « bizarres » ou de « déviantes ». Donc il y a ce clash entre « anormal » et « paranormal » qui permet d’avoir pas mal de péripéties et de situations un peu drôles.

Vous diffusez en ce moment une série littéraire, Lacets rouges & magie noire, à vos contributeurs Tipeee. Quels thèmes y sont abordés ?

C’est plus ou moins la « suite » de La sorcellerie est un sport de combat (ce sont des histoires indépendantes, mais on retrouve des protagonistes). C’est de la « fantasy urbaine à la campagne », et pour le coup assez inspiré de la série 24 Heures chrono, jusqu’à essayer de faire du pseudo « temps réel », avec une minute correspondant à cent mots, une idée dont je doute du résultat mais qui avait au moins le mérite de rendre l’écriture amusante. Et, comme dans beaucoup de mes récits, l’essentiel des personnages ont soit des compétences discutables, soit un côté un peu givré. Je ne sais pas si ça compte comme un thème ? Sinon, l’amitié, la confiance, la question « est-ce que la fin justifie les moyens » et ce rapport à la « normalité » évoqué ci-dessus sont sans doute des thèmes assez présents.

Vous avez publié votre premier roman en 2004. Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre écriture durant ces 16 dernières années ?

couverture du livre Punk is undead

Quand j’ai commencé, je crois que je voyais vraiment l’écriture comme un moyen, et pas une fin : j’avais ces histoires dans ma tête, et les coucher sur papier semblait plus faisable que d’essayer de les dessiner ou d’en faire des films ou des jeux vidéos. En dehors des dialogues, j’appréhendais un peu ce passage de l’imagination aux mots et j’avais toujours l’impression que ça ne correspondait jamais vraiment bien. Quelque part, le fond m’intéressait plus que la forme. Depuis, je pense que j’ai appris à aimer jouer avec les mots, pas forcément de manière très littéraire ou académique, mais plus d’avoir le plaisir un peu enfantin de (re)découvrir des mots ou des expressions, d’en inventer parfois, d’apprécier des sonorités, etc.

Sur votre site, vous avez choisi de placer vos textes sous la licence Creative Commons BY-SA qui est une licence libre. Quels avantages vous apporte-t-elle ?

C’est plutôt un geste militant, parce que j’aime bien l’idée de pouvoir partager une œuvre et de ne pas forcément avoir l’auteur ou l’ayant-droit comme seule personne apte à autoriser telle ou telle œuvre dérivée (y compris les fan-fictions, même si elles sont souvent tolérées tant que leur auteur ne gagne pas d’argent dessus). Je ne pense pas que ça m’apporte vraiment d’avantage et ce n’est pas forcément le but. Au contraire, ça peut rendre les perspectives d’édition plus compliquées, donc je ne place pas forcément tous mes textes sous cette licence. Après, je pense que ça pourrait permettre à mes textes d’être plus diffusés, traduits, ou adaptés, mais pour l’instant ça n’a pas trop été le cas.

Vous rédigez également des articles techniques sur l’utilisation d’outils informatiques, comme Latex et Pandoc, pour éditer vos textes. Comment en êtes-vous venue à les utiliser ?

couverture du livre Enfants de Mars et de Vénus

À la base, j’ai une formation d’informatique, je m’intéresse aux logiciels libres, donc je les ai découverts par ce biais assez naturellement. Sans dire que tout le monde devrait les utiliser, j’aime bien essayer de faire découvrir à un public plus large des outils qui ont la réputation d’être pour « geeks », parce qu’ils peuvent aussi être utiles à d’autres gens.

Vous pouvez suivre Lizzie Crowdagger:

  1. sur son blog
  2. sur Tipeee
  3. sur Twitter
  4. sur Facebook

Bibliographie

Romans et novellas

  1. La sorcellerie est un sport de combat, à paraître en mars 2020
  2. Enfants de Mars et de Vénus, Dans nos histoires, 2017
  3. Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), Dans nos histoires, 2014
  4. Pas tout à fait des hommes, 2010
  5. Noir & Blanc, 2004
  6. L’énième prophétie, 2004

Séries

  1. Lacets rouges & magie noire, saison 2: Les rebuts de la magie, en cours de diffusion aux contributeurs Tipee
  2. Punk is undead : La chair et le sang, intégrale saison 1, 2019

Recueil de nouvelles

  1. Sorcières & Zombies, 2013

Nouvelles

  1. Dykes vs Bastards, 2016
  2. Une histoire pour enfants, 2014
  3. Rock’n troll, 2014
  4. Une mine de déterrés, 2013
  5. Une leçon d’humanité, 2013
  6. Route de nuit, 2012
  7. Réagir sans violence, 2012
  8. On ne peut pas faire confiance aux démons, 2012
  9. Bain de soleil, 2011
  10. Tromperies sur la marchandise, 2011
  11. Révolution avec un vampire, 2011
  12. Le mauvais genre des anges dans le fanzine Piments & Muscades, n°3: Anges & Démons, 2009
  13. Sans le sang ni les larmes dans le fanzine Piments & Muscades, n°1: Jeux de mains, 2008
  14. Blonde à forte capacité pulmonaire dans Solstice Anthologie, Volume 2: Crimes en Imaginaire, Éditions des Mille Saisons, 2008
  15. Pirate !, 2008
  16. Créatures de rêve, 2007
  17. Sortir du cercueil, 2007
  18. La mémoire de l’eau, 2005